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mercredi 15 avril 2009

Article Les Trois Coups/La Ménagerie de Verre

Vendredi 19 décembre 2008

La Ménagerie de verre (critique), Théâtre des Marronniers à Lyon


Tennessee Williams revisité !

Hier soir au Théâtre des Marronniers de Lyon, on pouvait voir une représentation de la pièce qui a rendu Tennessee Williams célèbre en 1945, « la Ménagerie de verre ». Pièce de la cruauté par excellence, la Compagnie Le Songe d’une planche à vif nous en réservait une mise en scène surprenante et très rythmée.

La Ménagerie de verre raconte une histoire de famille terrible. Cela se passe aux États-Unis dans les années trente. Le père, travaillant à la Compagnie du téléphone s’est spécialisé dans les « longues distances ». Comprenez qu’il a fui sans laisser d’adresse et qu’il n’a envoyé qu’une carte postale en seize ans. Il a laissé ses deux enfants, Laura et Tom, entre les mains de leur mère Amanda, totalement détruite par l’échec de sa vie et littéralement terrifiante avec sa progéniture. Elle est folle, pour ne pas dire hystérique. Elle vit dans le souvenir de ce qu’elle a été, avant de le rencontrer lui, avant qu’ils existent eux.

Sous prétexte de leur permettre de vivre mieux qu’elle, elle les pousse, les secoue, les tiraille, les violente sans cesse. Tom rêve de partir, mais il fait son devoir et travaille dans l’entrepôt proche de chez eux, pour entretenir sa famille. Laura est une enfant fragile, « infirme ». Elle souffre d’un handicap que sa mère lui reproche de ne pas « compenser ». Elle est trop timide pour étudier et pour oser franchir le seuil de la maison. On lui cherche donc un mari, non sans peine, car elle semble dépourvue de « charme » selon sa propre mère. Ce trio infernal, rongé par les dévorants liens familiaux, rappelle par moments le théâtre de Lagarce, ou de Koltès.

Cette tragédie moderne aurait pu être pesante, on aurait pu passer une mauvaise soirée. Pourtant la pièce a été jouée de façon fraîche et légère, sans pour autant perdre son sens. Voilà le fruit d’un travail de mise en scène audacieux.

© Michel Cavalca

En effet, les trois jeunes comédiens sur le plateau intimiste du petit Théâtre des Marronniers ont été plus que surprenants. D’abord parce qu’ils ont inventé une mise en scène décapante. Ils s’échangent les rôles au fil de la pièce avec finesse et humour. Notez qu’il est assez drôle de voir une mère folle à lier mesurant 1,90 m en robe pailletée se caresser la barbe en plein repas de famille. Un quatrième personnage intervient au moyen d’un écran de télévision, nonchalamment posé au centre de la scène.

Cet écran montre d’abord une vidéo des animaux du parc de la Tête-d’Or, de « la ménagerie » que les Lyonnais connaissent bien. Puis elle se transforme en personnage à part entière. Je trouve souvent ce genre d’effet artificiel et ennuyeux. Cela n’a pas été le cas ce soir parce que le montage vidéo est pertinent et drôle, et que le comédien qui apparaît à l’écran est tout aussi méritant que les trois autres. Car c’est la force de ce spectacle. Les jeunes comédiens de la Compagnie Le Songe d’une planche à vif sont incroyables.

Ils sont jeunes, ils sont frais, ils sont beaux, ils sont inventifs et, surtout, ils sont bourrés de talent. Ils sont capables de jouer tous les rôles, de varier les registres, d’être drôles et tragiques. Ça peut en agacer certains. Tout comme le côté un peu festif du spectacle, ça a parfois des allures de spectacle de fin d’année. Moi, j’ai été séduite par leur audace, par leur exigence de qualité malgré des moyens modestes et par le fait qu’ils ont su me communiquer leur plaisir d’être là, ensemble, ce soir. Ce sont de grands jeunes comédiens qu’il faut aller voir. Décidément, le Théâtre des Marronniers ne me réserve cette année que des bonnes surprises !

Maud Sérusclat

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


La Ménagerie de verre, de Tennessee Williams

Compagnie Le Songe d’une planche à vif

Mise en scène : Grégoire Blanchon

Assistante à la mise en scène: Alexia Chandon-Piazza

Avec : Leïla Anis, Thierry Jolivet, Clément Bondu, Grégoire Blanchon

Scénographie et son : Benjamin Gilbert

Lumières : Grégoire Cutzach

Régie : Xavier Davoust

Théâtre des Marronniers • 7, rue des Marronniers • 69002 Lyon

Réservations : 04 78 37 98 17

www.theatre-des-marronniers.com

Du 10 au 23 décembre 2008 à 20 h 30, le dimanche à 17 heures, relâche les 15 et 16

Durée : 1 h 10

14 € | 11,50 €| 10 €


jeudi 2 avril 2009

La Ménagerie de Verre-Photos

Leïla Anis

Leïla Anis

Leïla Anis

Leïla Anis

Leïla Anis

Grégoire Blanchon et Thierry Jolivet

Grégoire Blanchon et Thierry Jolivet

Thierry Jolivet

Thierry Jolivet

Thierry Jolivet

Thierry Jolivet

Thierry Jolivet

Thierry Jolivet

Thierry Jolivet et Grégoire Blanchon

Grégoire Blanchon

Thierry Jolivet

Grégoire Blanchon et Thierry Jolivet

Crédit photos: Michel Cavalca

jeudi 28 août 2008

La Ménagerie de Verre

de Tennessee Williams
Traduction : Jean-Michel Déprats

Des comédiens jouent à jouer. Racontent leur Ménagerie de Verre. Celle de Tom, le narrateur de la pièce, qui fait le récit des années passées entre sa sœur Laura et sa mère Amanda. Les années 30. Les années d’avant la fuite.
Il travaille dans une usine de chaussures. Rêve de poésie et d’aventures cinématographiques. Subvient aux besoins de sa mère et de sa sœur. Et étouffe au sein de cette famille.
Laura souffre d’infirmité. Et d’une timidité maladive. Amanda, leur mère, ne vit qu’au travers de ses enfants. Et ne survit que grâce aux souvenirs d’un passé qu’elle décrit comme glorieux.
Faisant tourner d’une main de maître la maison autour d’elle, elle orchestre le futur mariage de Laura. Avec qui ? Qu’importe. Pourvu qu’elle se marie.
Jim, ami d’enfance de Tom et « émissaire du monde de la réalité dont nous étions en quelque sorte coupés », pourrait bien faire l’affaire…

La Ménagerie de Verre est LA pièce de la Cruauté et de la Poésie de toute l’œuvre de Williams.
  • Création au Festival des Bravos de la Nuit à Pélussin (42) du lundi 11 au samedi 16 août 2008 à 22h15 (supplémentaire le samedi 16 août 2008 à 17h00) au Caveau.

avec Leïla Anis, Jean-Rémy Chaize et Camille Desforges; ainsi que Clément Bondu (comédien vidéo)

mise en scène: Grégoire Blanchon

assistante à la mise en scène: Alexia Chandon-Piazza

régisseur technique (lumières, vidéo et son): Grégoire Cutzach

scénographie et création sonore: Benjamin Gibert

  • Reprise au Théâtre Pêle-Mêle à Villefranche-sur-Saône (69) du jeudi 16 au dimanche 19 Octobre 2008 à 20h30 (17h00 le dimanche).

avec Leïla Anis, Grégoire Blanchon et Thierry Jolivet; ainsi que Clément Bondu (comédien vidéo)

  • Au Théâtre des Marronniers à Lyon (69) du mercredi 10 au mardi 23 Décembre 2008 (relâche le lundi) à 20h30 (17h00 le dimanche).

avec la même distribution.

Crédits photo: Benjamin Gibert.